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Dans le cadre d’un projet de dématérialisation, comment établir une copie fiable d’un original papier au format numérique ?

Comment procéder, et cette copie numérique, suffit-elle pour détruire l’original papier ?

J’ai entendu dire que l’on pouvait désormais obtenir et conserver une copie fiable numérique depuis un original papier ! Donc, nous serions désormais en mesure, légalement parlant, de supprimer l’original papier et de ne garder que cette copie numérique dématérialisée. C’est bien vrai ça ?

Texte de loi

Commençons par le commencement, c’est-à-dire, définir ce qu’est une copie dite fiable aux yeux de la loi

Quels sont les textes de loi en vigueur ?

L’ordonnance n°2016-131 du 10 février 2016, portant réforme du droit des contrats, du régime général et de la preuve des obligations, remplace l’article 1348 du Code Civil par un nouvel article 1379.

L’article 1379 du Code Civil présume fiable jusqu’à preuve du contraire toute copie résultant d’une reproduction à l’identique de la forme et du contenu d’un acte, dont l’intégrité est garantie dans le temps. Mais ce décret n’est pas explicitement applicable en Nouvelle-Calédonie.

Le décret n° 2016-1673 du 5 décembre 2016 relatif à la fiabilité des copies est pris pour l’application de l’article 1379 du Code civil.

Très bien, concrètement, comment respecter les exigences de ces textes de loi ?

Soyons concrets, il est donc stipulé que nous pouvons réaliser des copies FIABLES numériques qui ont donc une valeur légale. Oui, mais comment respecter et mettre en œuvre ces textes de loi ? Quelles exigences ma solution de numérisation, de GED pour produire mes copies fiables et pour conserver ces documents numériques doivent-elles respecter ?

Les points à observer avec votre solution de numérisation et de GED

  • Le procédé de copie doit produire des informations contextuelles sur la réalisation de la copie (art. 2) ;
  • La qualité du procédé de copie doit être testée et contrôlée (art. 2) ;
  • L’intégrité de la copie doit être garantie par une empreinte électronique (art. 3).
  • Cette garantie est présumée acquise lorsque l’empreinte résulte soit : d’un horodatage qualifié, d’un cachet électronique qualifié, d’une signature électronique qualifiée au sens du règlement eIDAS du 23 juillet 2014
  • La copie est conservée dans des conditions garantissant l’absence d’altération (art. 4) ;
    • Les journaux de réalisation des opérations ci-dessus sont conservés aussi longtemps que la copie dans des conditions garantissant leur intégrité (art. 5) ;
    • Les systèmes nécessaires à la réalisation des opérations ci-dessus sont l’objet de mesures de sécurité (art. 6) ;
  • Les systèmes nécessaires à la réalisation des opérations ci-dessus sont décrits dans une documentation conservée aussi longtemps que la copie (art. 7).

Copie fiableMais dans la vraie vie, que se passe-t-il si je me retrouve face à un juge avec ma copie numérique ?

Imaginons que vous avez mis en œuvre et respecté ces exigences pour créer une copie fiable d’un original papier. Tant que ce document n’est pas remis en cause, tout va bien. Mais que se passe-t-il le jour où l’on remet en cause la validité de cette copie numérique ?

Mettons-nous à la place d’un juge. Il doit vérifier et obtenir confirmation de la validité de la copie numérique pour pouvoir l’accepter et l’instruire. Que va faire le juge ? En général, il va se référer aux textes de loi, et éventuellement, se faire aider par un expert. Ils vont donc se référer à l’état de l’art en matière de dématérialisation à valeur probante. Ils vont donc bien souvent se référer au cadre normatif en vigueur.

Ces cadres normatifs en vigueur à respecter pour la création de la copie fiable numérique et pour sa conservation sont les normes NFZ42-013 et ISO 14641. La jurisprudence confirme l’atout d’être conforme aux spécifications de la norme NF Z 42-013.

Il est également possible d’anticiper cette situation, et se préconstituer la preuve du respect des prescriptions techniques ou organisationnelles de ces normes en obtenant la certification NF 461 de votre solution de numérisation et de GED. On parlera dans ce cas d’un SAE (Système d’Archivage Electronique) certifié marque NF 461.

MSI.nc vous propose de vous accompagner sur ces sujets pour aller vers une simplification de vos processus métiers avec moins de papier !

 

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Et dans note île, quand allons-nous vers le 100% digital ?

En France, une nouvelle étape a été franchie avec l’arrêté du 22 mars 2017 fixant les modalités de numérisation des factures papier. Grâce à ce nouveau cadre, la dématérialisation des factures et des pièces justificatives devrait s’accélérer. Avec ce nouvel arrêté, il s’agit bien désormais d’autoriser les entreprises à détruire les originaux papiers avec un cadre légal. Nous passons là à un stade supérieur de la dématérialisation et une incitation forte au passage au 100% de factures électroniques. Très bien, mais quand est-il pour nous en Nouvelle-Calédonie ?

En effet, cet arrêté est non applicable à la lettre en Nouvelle-Calédonie. D’ailleurs, une recherche sur le sujet dans la base juridique du territoire (http://www.juridoc.gouv.nc/) ne nous retourne aucun résultat :

Jonc numérisation des factures papier

Jonc numérisation des factures papier

La Calédonie en passe de rattraper son retard et devenir leader dans le domaine de la digitalisation comme dans les années 90 ?

En Nouvelle-Calédonie, la facturation électronique est vivement recommandée et est encouragée pour les secteurs privé et public, sans être une contrainte à ce jour.

Nous pouvons citer l’incitation discrète à la facture électronique pour le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie dans sa relation avec ses fournisseurs depuis le 1er juillet 2017 : voir les nouvelles modalités de facturation sur le site de la DBAF.

Pourquoi ma référence aux années 90 ? En 1991, la première banque équipée en solution de GED pour gérer ses dossiers clients pour un grand groupe bancaire français implanté dans de nombreux pays fut celle de Nouvelle-Calédonie, avec la solution Docubase ! Aujourd’hui, cette solution est toujours en place, et la Nouvelle-Calédonie peut se vanter d’avoir déjà plus de 25 ans d’expérience dans la digitalisation des processus métier !

Les autres tendances qui montrent que la Nouvelle-Calédonie se dirige aussi vers la digitalisation des échanges

Citons quelques exemples de projets calédoniens de digitalisation des échanges :

Finalement, tous les ingrédients sont là pour une accélération de la digitalisation des échanges en Nouvelle-Calédonie, et par là, une protection de l’île en respectant l’environnement en diminuant la consommation de papier, mais surtout, en diminuant les transports de documents physiques.

Il nous manque juste des textes juridiques applicables en Nouvelle-Calédonie pour éclaircir le cadre juridique de ces nouveaux modes d’échanges … la prise de conscience semble être au rendez-vous. Affaire à suivre…

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