Speed-boat - rétrospective Agile

En théorie, la rétrospective agile est le moment clé pour faire le point et s’inscrire dans une démarche d’amélioration continue. Parmi les nombreuses méthodes existantes, le Speed Boat est sans doute l’une des plus populaires. Le principe ? Utiliser la métaphore d’un voilier en route vers une destination pour identifier ce qui propulse l’équipe et ce qui la ralentit.

C’est très imagé, très visuel… mais entre nous : celui qui a conçu cette métaphore est-il déjà monté sur un voilier ?

Lorsqu’on transpose le Speed Boat aux réalités actuelles du numérique, le tableau ressemble plutôt à ceci :

  • ⛵Le bateau : l’équipe agile et son projet, engagés à apporter de la valeur rapidement.
  • 🏝️L’île : Des objectifs qui doivent désormais intégrer la durabilité, la réduction de l’empreinte carbone et la protection du vivant.
  • 💨Les vents : Censés nous faire avancer, ils sont en réalité de face. Ils poussent vers un numérique à l’impact écologique croissant.
  • ⚓ Les ancres : Les contraintes de performance, de sécurité et la résistance au changement qui ralentissent la progression.
  • 🪨 Les rochers : Dérèglement climatique, chute de la biodiversité, hausse du coût de l’énergie, instabilité géopolitique… Des risques majeurs qui se multiplient, mais restent trop souvent ignorés.

La réalité du terrain (et de la mer)

Si vous étiez réellement à la barre d’un voilier dans une telle situation, que feriez-vous ?

Vous prendriez immédiatement un ou deux ris dans la grand-voile pour réduire la voilure. Vous affaleriez le foc pour ralentir avant de percuter les récifs. Vous arrimeriez tout ce qui se trouve sur le pont et chercheriez le premier abri disponible pour laisser passer la tempête.

Curieusement, c’est exactement ce que j’ai fait lors de ma dernière transocéanique. Mais ce n’est absolument pas ce que nous faisons lors de nos rétrospectives agiles.

Dépasser l’agilité : réintroduire du prédictif

S’adapter au changement en continu (Agile), c’est indispensable. Mais anticiper les obstacles pour ne pas foncer droit dans le mur, c’est primordial. Un véritable équipage ne se contente pas de réagir à la houle : il regarde devant, consulte la météo, analyse la carte et ajuste sa trajectoire avant d’être pris au piège.

Pour mener nos projets à bon port et garantir la pérennité de nos démarches, il devient urgent de :

  1. Redonner de la place à l’approche prédictive : Ne plus seulement subir les évolutions, mais devenir acteurs des transformations.
  2. Adopter une vision systémique : Prendre en compte l’ensemble de l’environnement (écologique, économique, humain) dès la phase de cadrage.
  3. Se faire accompagner : S’appuyer sur des profils ayant l’expérience des traversées complexes.

L’agilité ne doit pas être une course aveugle. Prenez le temps de lire la carte et de vérifier la météo avant votre prochain sprint !

Avez-vous déjà ressenti ce décalage dans vos rétrospectives ? Quelles méthodes utilisez-vous pour intégrer les enjeux d’anticipation et de durabilité dans vos projets ?

Pour vous aider sur ces sujets d’adaptation et de robustesse, MSI.nc propose aux acteurs projets, DSI et aux parties prenantes de projets numérique des ateliers de sensibilisation et des formations sur la robustesse, et le numérique responsable.

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GED et SAE : Valeur probante vs valeur probatoire

Dans le cadre de la transformation numérique, la transition entre la Gestion Électronique de Documents (GED) et le Système d’Archivage Électronique (SAE) soulève des questions fondamentales sur la conservation des archives. Comme le SAE permet de garantir la valeur probatoire des documents numériques, il convient de s’interroger sur la pertinence de maintenir encore des copies papier.

Concepts juridiques : comprendre la distinction

La valeur probatoire et la valeur probante sont deux notions juridiques distinctes bien qu’étroitement liées. Elles se rapportent toutes deux à la capacité d’un document ou d’une pièce à influencer une décision judiciaire, mais se concentrent sur des étapes différentes de la procédure.

1. La valeur probatoire : la recevabilité de la preuve

La valeur probatoire désigne la capacité d’un document ou d’un élément à être pris en considération dans le cadre d’un litige. Cela signifie que la pièce est admissible par le tribunal et qu’elle peut être versée aux débats lors d’un procès. Cependant, la valeur probatoire ne garantit pas à elle seule que cet élément sera déterminant dans l’issue du jugement.

2. La valeur probante : la force de persuasion

La valeur probante se réfère quant à elle à la force, la crédibilité et la fiabilité d’une preuve une fois admise. C’est le degré de confiance que le juge ou le tribunal accorde au document pour établir la vérité d’un fait. Une preuve possède une forte valeur probante si elle est jugée incontestable, et une faible valeur probante si son authenticité paraît douteuse ou altérée.

En résumé : La valeur probatoire concerne la recevabilité de la preuve devant la justice, tandis que la valeur probante mesure le poids et la crédibilité de cette preuve dans la décision finale du juge.

Du cadre légal à la pratique : la fin de la conservation papier

Selon l’article 1366 du Code civil, un document numérique dispose d’une valeur juridique équivalente à celle d’un document papier, à condition que son origine et son intégrité puissent être démontrées depuis sa création et tout au long de son cycle de vie.

Ainsi, la valeur probante d’un document numérique repose sur la garantie qu’il n’a subi aucune modification non autorisée. La mise en œuvre d’un SAE robuste s’inscrit pleinement dans les principes du records management (gestion des journaux d’activité) et permet de sécuriser durablement la valeur légale de vos données. Une fois ce système déployé, la suppression des doublons papier peut être envisagée en toute sécurité.

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