Go ? No go ? Est-ce la bonne question Ă  se poser avant de lancer un projet ?

Go No Go Projet

InterrogĂ© dernièrement dans le cadre de la mise Ă  jour d’un schĂ©ma directeur informatique, il nous a Ă©tĂ© demandĂ© d’arbitrer entre diffĂ©rents projets informatique pour dĂ©cider de les lancer ou non. Le « Go ? No go ? » est peut-ĂŞtre la question la plus frĂ©quente et la plus importante qu’un responsable de projet (avec l’aide de ses collègues) va se poser avant de prendre en charge un projet, qu’il soit en approche projet « prĂ©dictive » ou agile. Est-ce la bonne formulation pour dĂ©cider ou non de lancer un projet et quelles sont les autres variantes.

De nombreuses approches de gestion de portefeuille de projets estiment que le « Go ? No go ? » est un processus de prise de dĂ©cision trop binaire, ce que l’on peut donc considĂ©rer comme une erreur. Quelques exemples de dĂ©cision d’y aller pour un projet :

  • Nous avons rĂ©alisĂ© une bonne annĂ©e, nous avons le budget, c’est le moment de nous lancer dans ce nouveau projet.
  • Parmi la concurrence, il va y avoir une nouvelle offre plus performante que la notre. Et si on avançait notre lancement de projet de quelques mois ? Cela nous permettrait d’aborder cette concurrence dans de bonnes conditions.
  • Avec de la marge supplĂ©mentaire ajoutĂ©e au planning, j’accepte d’embarquer dans mon projet les futures demandes du marketing non exprimĂ©es Ă  ce jour, et je lance mon projet en l’Ă©tat.
  • Et si on dĂ©coupait le projet en s’arrĂŞtant Ă  mi-parcours pour faire un petit Ă©tat des lieux sur les nouveaux besoins, avant d’entamer la deuxième phase et limiter les risques ? On lance de suite le projet et on laisse ainsi les idĂ©es se mettre en place et se prĂ©ciser et on continue après avec de bonnes visibilitĂ©s sur les fonctionnalitĂ©s Ă  offrir et Ă  ajouter Ă  notre projet.
  • Les conditions du projet sont proches de mes limites en gestion de projet et des connaissances techniques de l’Ă©quipe. Je dĂ©cide de partir avec un consultant plus expĂ©rimentĂ©, qui en plus connaĂ®t bien cette nouvelle technologie. Je l’engage contractuellement jusqu’Ă  la fin estimĂ©e de mon projet.

Du point de vue gestion de projet, le « Go ? No go ? » est souvent une erreur, voire un danger. En effet, si au vue des conditions internes et externes au projet, un décideur ou un chef de projet choisit la réponse « Go », il part et lance son projet avec le sentiment que le déroulement pourra se réaliser dans son intégralité suivant le plan initial. En clair, il se met des œillères, et aura du mal à changer de plan de projet si les conditions sont différentes des prévisions.

Les nouvelles approches de gestion de projet, et en particulier l’agilitĂ©, proposent donc une variante : « Start / Continue ». L’expĂ©rience sur les nombreux projets nous a fait comprendre Ă  quel point il est important de toujours rester mĂ©fiant vis-Ă -vis des prĂ©visions initiales d’un projet et d’avoir un plan B, voir C, D…

Avant le lancement, le chef de projet doit analyser tous ses paramètres projet et conclue que le lancement du projet est possible. La prochaine rĂ©flexion se fera une fois le projet lancĂ©, Ă  savoir si celui-ci peut se poursuivre jusqu’à destination suivant le plan projet initial, ou s’il y a nĂ©cessitĂ© de se dĂ©router, c’est Ă  dire, modifier le pĂ©rimètre, les dĂ©lais, le budget, l’Ă©quipe… Ainsi, le chef de projet n’arrĂŞte pas le processus de prise de dĂ©cision une fois le projet lancĂ©. Il sait que les conditions lui permettent dans un premier temps de dĂ©marrer son projet, et il affinera l’analyse une fois lancĂ© afin de rĂ©pondre Ă  la seconde interrogation : « Continue ? ».

Conclusion

Ces stratĂ©gies de conduite de projet, basĂ©es ou non sur les approches agiles, demandent un peu d’expĂ©rience (avant de se lancer dans des prises de dĂ©cisions complexes), de jugement et bien sĂ»r nĂ©cessite de la prĂ©paration en amont. Elles n’excusent en rien les mauvaises prises de dĂ©cisions ou les comportements du genre « On va voir ce que ça donne une fois le projet lancĂ© ou les premières livraisons effectuĂ©es ». Un projet ce n’est pas binaire, il faut savoir ajuster son pilotage et ses dĂ©cisions tout le long de son dĂ©roulement, et jusqu’à la fin, pour bien le finaliser.

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